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- Tu viens de terminer cet album Frontières, peux-tu nous dire globalement de quoi parlent tes chansons ? - Mes chansons parlent du monde d'aujourd'hui, mais en fait, souvent, capté depuis l'intérieur des êtres. C'est pourquoi je fais souvent des chansons d'amour. La thématique amoureuse n'y est pas une fin en soi, rien à voir avec les sucreries divulguées par quelques interprètes de variété. En fait, mes chansons d'amour sont des chevaux de Troie pour définir des traits du monde d'aujourd'hui, de la société d'aujourd'hui, du monde d'aujourd'hui, - ou plutôt des gens qui habitent ce monde. C'est les gens qui m'intéressent. - Quel est le rapport entre le texte et la musique ? - Mes textes et mes musiques naissent ensemble. C'est immédiat,
spontané, et ça peut surgir n'importe où. Mais, à
la base, il peut y avoir, quand même une influence musicale ou un
idée que je cherche à exprimer. " Cote d'Espoir "
par exemple parle d'une jeune fille originaire de Cote d'Ivoire. Il y
a donc une musique d'inspiration africaine. " Quand je rentre chez
moi " parle de ces gens qui, ayant vécu longtemps loin de
chez eux, ne trouvent plus leur place quand ils rentrent dans leur pays.
Je pensais à mon retour d'Algérie, en 1984, et, en même
temps, à ces familles d'origine maghrébine qui retournent
dans leur pays d'origine et qui se sentent tout aussi " déplacés
". Donc ici, l'influence musicale vient des musiques d'Afrique du
nord, le rail en particulier. - Tu me parlais auparavant d'un style " latin " - Latin je le suis. Et mes voyages en Russie et République
tchèque m'ont fait comprendre que, pour eux, la France fait partie
du monde " latin ". Chez nous on parle d'un style " latino
", ce qui, généralement désigne les musiques
de langue portugaise ou espagnole mêlées à des rythmes
entraînants d'Amérique latine. Mais on arrive vite à
faire de ces désignations des clichés. - Pour revenir à l'écriture, est-ce que l'on peut parler de textes autobiographiques ? - Il y en a. Mais c'est loin d'être systématique.
En fait, je regarde les gens qui vivent autour de moi, ou que je croise
un jour. Des gens qui vont me laisser une trace, une interrogation, une
émotion. Des amis, des amours, des passants. - Mais ta musique et ton écriture ont profité de tes expériences ! - Oui, de mon expérience c'est évident. - Je reviens à l'écriture ; quelle place tu donnes à l'écriture par rapport à tes autres activités ? - On peut dire que tout part de l'écriture. Cela
a commencé très tôt. Puis j'ai fait des études
de Lettres parce que je voulais faire avancer mon écriture. J'ai
écrit avant que d'être chanteur. Bien que. J'ai quand même
chanté ma première chanson en public, sur une scène,
à l'age de 11 ans ! En fait j'ai essayé plusieurs fois d'abandonner
la chanson. Mais elle m'a toujours rattrapé ! Par exemple, le premier
concert avec PHILéPOTES devait être mon concert d'adieu à
la chanson ! - L'écriture et l'image, des éléments
que l'on retrouve dans le dernier film d'Enki Bilal. Tu as justement écrit
une chanson - D'abord j'aime beaucoup l'univers de Bilal. C'est un homme d'image, de texte mais c'est aussi un homme d'ambiances, d'atmosphères. J'aime comme il crée ses espaces en utilisant la lenteur, en creusant des interstices de temps d'où il semble qu'une musique s'échappe. C'est donc aussi un homme de musique. - Mais pourquoi cette chanson ? - " Bilal hypnose " est une chanson sur les gens
qui s'enferment dans des univers fictifs, voire virtuels, à tel
point qu'ils en perdent le contact avec la vie, et avec les gens qui les
entourent. - Dessinateur, auteur, scénariste, réalisateur, Bilal est un artiste pluriel. Est-ce que tu penses que tout artiste doit être pluriel ? - Non, chacun fait les choses qu'il est capable de faire.
Et généralement, le bon ton voudrait que chacun ne fasse
qu'une seule chose : peintre ou sculpteur, ou chanteur ou réalisateur
etc. Entretien réalisé par Emmanuel Baudin |
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